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Camping-car en Alsace : notre itinéraire de 7 jours sur la Route des Vins

Camping-car en Alsace : ruelle pavee de Riquewihr bordee de maisons a colombages fleuries
Camping-car en Alsace : ruelle pavée de Riquewihr bordée de maisons à colombages fleuries
Riquewihr, l’un des villages emblématiques de la Route des Vins. Photo : burobox / Wikimedia Commons, CC0

Il y a des régions qu’on traverse et des régions qu’on égrène. L’Alsace appartient à la seconde catégorie. Sur un peu plus de 170 kilomètres, la Route des Vins aligne les villages fortifiés, les caves, les ruines perchées et les vignes à flanc de coteau, sans jamais imposer un rythme. Autant dire qu’un camping-car en Alsace y trouve son compte, surtout à l’automne, quand les vendanges battent leur plein et que les parkings se vident. Voici notre itinéraire en sept jours, du nord au sud.

Pourquoi l’automne est la bonne saison

La Route des Vins d’Alsace a été instaurée officiellement comme route touristique en 1953, ce qui en fait la doyenne des routes viticoles françaises. Elle traverse près de 119 communes viticoles où plus de 720 producteurs ouvrent leur cave, et elle compte 51 Grands Crus répartis sur l’ensemble du parcours. Le vignoble alsacien s’appuie sur sept cépages.

Pour un camping-car en Alsace, trois choses changent en septembre et octobre. Les vendanges donnent aux villages une animation que l’été touristique ne remplace pas. Les couleurs du vignoble passent au doré, et la lumière rasante de fin de journée sur les coteaux vaut à elle seule le détour. Enfin les places se libèrent, aussi bien dans les villages que sur les aires.

Un détail qui compte pour nous : le Grand Est n’est pas la région la plus dense en véhicules de loisirs. Selon UNI VDL, on y compte un véhicule de loisirs vendu dans l’année, neuf ou occasion, pour 919 habitants, contre 345 en Bretagne. Traduction sur le terrain : vous croiserez moins de camping-cars qu’en Bretagne au mois d’août, et l’accueil s’en ressent.

Jours 1 et 2 : de Marlenheim à Obernai, l’entrée en matière

Notre itinéraire en camping-car en Alsace démarre à Marlenheim, au nord, à une vingtaine de minutes de Strasbourg. C’est une entrée en matière tranquille, sans la foule qui attend plus au sud.

Descendez ensuite vers Molsheim et sa Chartreuse, puis vers Rosheim et son église romane. Obernai, au pied du mont Sainte-Odile, mérite une nuit complète. La ville est assez grande pour offrir des services, assez préservée pour justifier une flânerie du soir.

Si vous avez une demi-journée de rab, montez au mont Sainte-Odile. La route est étroite et grimpe sec, à surveiller avec un gabarit long, mais la vue sur la plaine d’Alsace depuis la terrasse récompense l’effort.

Pour préparer vos nuits sur ce premier tronçon, notre dossier sur où dormir en camping-car passe en revue les solutions, des aires municipales aux accueils chez l’habitant.

Jour 3 : Barr, Andlau et le vignoble intime

C’est le tronçon que les guides survolent et que nous préférons. Barr, Mittelbergheim, Andlau, Dambach-la-Ville : quatre villages en une vingtaine de kilomètres, avec des caves qui reçoivent sans rendez-vous et beaucoup moins de monde qu’à Riquewihr.

Andlau vaut un arrêt pour son abbatiale et sa frise romane. Mittelbergheim se visite à pied en une heure et se gare à l’entrée, ce qui est exactement ce qu’il faut avec un véhicule de sept mètres.

Profitez de cette journée courte en kilomètres pour faire le plein d’eau et vider les eaux usées. Les bornes se raréfient à mesure qu’on entre dans la zone la plus touristique. Notre mode d’emploi sur l’utilisation d’une aire de services rappelle les gestes et l’ordre des opérations.

Jour 4 : le Haut-Koenigsbourg, le point haut du parcours

Donjon et remparts en grès rose du château du Haut-Koenigsbourg à Orschwiller, étape d'un voyage en camping-car en Alsace
Le château du Haut-Koenigsbourg, à Orschwiller. Photo : Gzen92 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le château domine la plaine depuis Orschwiller, à 26 kilomètres au nord de Colmar, 55 kilomètres au sud de Strasbourg et 12 kilomètres à l’ouest de Sélestat. On y accède par l’A35, sortie 17 par Kintzheim ou sortie 18 par Saint-Hippolyte.

Les informations pratiques, vérifiées sur le site officiel du château du Haut-Koenigsbourg, tiennent en quelques lignes. L’entrée coûte 12 euros pour un adulte, 8 euros de 6 à 17 ans, 6 euros en tarif réduit, et un tarif famille à 30 euros existe pour quatre personnes dont deux adultes maximum. C’est gratuit en dessous de 6 ans, et gratuit pour tous le premier dimanche de chaque mois de novembre à mars. Le château est ouvert tous les jours sauf le 1er janvier, le 25 et le 26 décembre, et la dernière entrée se fait une heure avant la fermeture.

Le parking est gratuit et compte 150 places voitures. Attention toutefois : le circuit de visite comprend 300 marches d’un bout à l’autre, les poussettes ne sont pas admises, et les animaux non plus en dehors des chiens guides et d’assistance. Prévoyez un porte-bébé si vous voyagez avec un tout-petit.

Si la montée vous inquiète avec un long gabarit, sachez qu’une navette, la ligne 500, dessert le château depuis la gare de Sélestat de mars à décembre, pour 3 euros le trajet. Le billet donne droit à un tarif réduit sur l’entrée du monument, et la ligne dessert aussi la Montagne des Singes et la Volerie des Aigles.

Jour 5 : Ribeauvillé, Hunawihr, Riquewihr

Le cœur touristique de la Route des Vins, et il le mérite. Trois villages en moins de dix kilomètres, chacun avec sa personnalité.

Ribeauvillé s’étire sous trois châteaux en ruine et reste vivante toute l’année. Hunawihr, plus petit, aligne son église fortifiée au milieu des vignes et abrite le centre de réintroduction des cigognes. Riquewihr, enfin, concentre tout ce que l’imaginaire alsacien promet : remparts, ruelles pavées, colombages et géraniums.

Notre conseil pour ces trois étapes : garez-vous une fois, marchez ou pédalez ensuite. Les centres sont étroits, souvent interdits ou fortement dissuadés aux grands gabarits, et la Véloroute du Vignoble d’Alsace relie justement ces villages entre eux. C’est de loin la meilleure façon de les enchaîner.

Arrivez tôt le matin ou restez tard le soir. Entre 11 h et 17 h en haute saison, Riquewihr appartient aux cars. Avant 10 h, elle est à vous.

Jour 6 : Kaysersberg, Eguisheim et Colmar

Maisons à colombages colorées le long du canal de la Petite Venise à Colmar en Alsace
La Petite Venise, à Colmar. Photo : Krzysztof Golik / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Kaysersberg s’installe dans une trouée de la vallée, sous les ruines du Schlossberg. Le village se traverse en une heure, le château se grimpe en vingt minutes, et la vue sur les toits depuis le donjon justifie largement la montée.

Eguisheim, un peu plus au sud, se distingue par son plan en cercles concentriques autour du château. C’est probablement le village le plus photogénique du parcours, et aussi l’un des plus fréquentés. Même stratégie qu’à Riquewihr : tôt ou tard, jamais au milieu.

Colmar mérite une nuit à part entière. La Petite Venise, le quartier des Tanneurs, le Koïfhus et le musée Unterlinden occupent facilement une journée. La ville est également le point de départ logique si vous prolongez vers le sud.

Un camping-car en Alsace à Colmar demande un peu d’organisation : privilégiez un stationnement en périphérie et rejoignez le centre à pied ou à vélo. Les rues du vieux Colmar ne sont pas faites pour nos gabarits, et les quelques mètres gagnés ne valent pas la manœuvre.

Jour 7 : Rouffach, Guebwiller et Thann

La partie sud est la moins courue, et c’est tant mieux. Rouffach et sa collégiale, Guebwiller à l’entrée de la vallée du Florival, puis Thann qui marque le terminus officiel de la Route des Vins.

Au-dessus de Thann s’étend le Rangen, l’un des Grands Crus les plus réputés d’Alsace, avec ses pentes volcaniques spectaculaires. C’est une fin de parcours plus minérale, plus austère aussi, qui contraste franchement avec les colombages du nord.

Depuis Guebwiller, une variante permet de monter vers le Grand Ballon par la Route des Crêtes. Vérifiez la météo et l’état des routes avant de vous engager en automne : les conditions changent vite en altitude et certaines portions ferment l’hiver.

Circuler et stationner : ce qu’il faut savoir

Trois points méritent votre attention avant d’emmener un camping-car en Alsace.

Les centres-villages sont étroits. Beaucoup de rues alsaciennes ont été tracées bien avant l’automobile, et certaines sont bordées de colombages en encorbellement. Suivez le fléchage des parkings d’entrée de village plutôt que votre GPS, qui n’a aucune notion de largeur.

Les vendanges occupent les chemins. De fin août à octobre, les machines et les remorques circulent sur les routes du vignoble. Ne vous engagez pas dans un chemin de vignes, même s’il paraît large. Le demi-tour y est rarement possible.

Les aires se remplissent le week-end. La Route des Vins reste très fréquentée le samedi et le dimanche, y compris hors saison. Arrivez en début d’après-midi plutôt qu’en soirée, ou visez les étapes du nord et du sud, moins sollicitées que la zone Ribeauvillé-Colmar.

Si vous cherchez des repères sur d’autres régions avant de fixer votre choix, notre itinéraire de 7 jours en camping-car en Normandie suit la même logique d’étapes courtes et de visites concentrées.

Trois erreurs classiques en camping-car en Alsace

Vouloir tout voir. Il y a 119 communes viticoles sur le parcours. Personne ne les fait toutes, et celui qui essaie passe sa semaine au volant. Choisissez huit à dix villages, acceptez d’en manquer trente, et gardez du temps pour les caves et les sentiers viticoles. C’est là que le voyage se joue, pas dans le compteur kilométrique.

Se garer au plus près. Le réflexe est humain et il coûte cher en Alsace. Les entrées de villages sont équipées, fléchées et souvent à moins de cinq minutes à pied du centre. Insister pour approcher davantage, c’est se retrouver dans une rue en pente bordée de colombages, sans demi-tour possible, avec des passants qui vous regardent manœuvrer.

Négliger le relief. La plaine d’Alsace est plate, la Route des Vins non. Elle suit le piémont, avec des montées courtes mais raides vers les châteaux et les villages perchés. Si vous prolongez vers les Vosges, ajoutez les cols. Sur un véhicule chargé, cela se ressent sur la consommation, sur les freins en descente et sur le confort des passagers.

À cela s’ajoute un quatrième piège, plus insidieux : la dégustation. Un voyage en camping-car en Alsace sans une seule cave n’aurait pas de sens, mais les vins d’Alsace sont trompeurs, souvent plus alcoolisés que leur fraîcheur ne le laisse croire. Désignez un conducteur pour la journée, ou prévoyez de dormir sur place.

Questions fréquentes sur un voyage en camping-car en Alsace

Combien de jours faut-il pour la Route des Vins ?

Sept jours permettent de faire le parcours complet en camping-car en Alsace sans courir, avec une à deux visites par jour. En quatre jours, concentrez-vous sur le tronçon Sélestat-Colmar, qui regroupe les villages les plus emblématiques. À l’inverse, dix jours autorisent des détours vers les Vosges et la Route des Crêtes.

Quelle est la meilleure période ?

Septembre et octobre pour les vendanges, les couleurs et le calme relatif. Décembre pour les marchés de Noël, avec une fréquentation et un froid nettement plus marqués. Nous évitons juillet et août, où les villages les plus connus sont saturés dès le milieu de matinée.

Peut-on visiter les caves avec un camping-car ?

Oui, la plupart des domaines disposent d’une cour ou d’un parking. Appelez avant si votre véhicule dépasse sept mètres, et surtout désignez un conducteur qui ne déguste pas. La Route des Vins est une route, avec les mêmes règles que partout ailleurs.

Faut-il des équipements hiver ?

Sur la plaine et le vignoble, rarement avant décembre. Sur les Vosges et la Route des Crêtes, la question se pose beaucoup plus tôt. Renseignez-vous sur les obligations en vigueur dans les communes que vous traversez avant de monter en altitude.

Une anecdote pour finir, à vérifier sur place si vous passez par Strasbourg : la Cave historique des Hospices civils conserve un vin blanc d’Alsace de 1472, considéré comme le plus vieux vin du monde élevé en foudre. Il n’a été goûté que trois fois en cinq siècles. Ce ne sera pas pour vous, mais la cave se visite, et elle vaut le détour.