Camping-car en Camargue : itinéraire de 5 jours, aires et règles à respecter

Flamant rose en vol en Camargue

Faire du camping-car en Camargue, c’est accepter un pays sans relief, où le ciel occupe les trois quarts de l’horizon et où l’on s’arrête pour un cheval blanc au bord de la route. C’est aussi une région qui se visite avec des règles : le delta est protégé, le bivouac sauvage y est très encadré, et certaines aires sont petites. Voici un itinéraire de cinq jours, étape par étape, avec ce qu’il faut savoir pour stationner sans mauvaise surprise.

Flamant rose en vol en Camargue, que l'on observe en camping-car au bord des étangs
Un flamant rose en vol au-dessus des étangs de Camargue. Photo : Giles Laurent, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Camping-car en Camargue : ce qu’il faut savoir avant de partir

Le Parc naturel régional de Camargue précise sur son site officiel que le territoire est ouvert aux visiteurs « en toutes saisons ». L’été, il recommande d’emporter des produits anti-moustiques, une protection solaire et de l’eau. Pour un voyage en camping-car en Camargue, ces trois conseils valent aussi pour l’automne et le printemps : les zones humides ne sont jamais loin.

La règle de base est simple : on dort sur des aires, pas dans la nature. Sur la page d’accueil du parc, le message est sans ambiguïté : le camping sauvage n’est pas autorisé et il ne faut pas s’installer sur les dunes. Le parc publie aussi une fiche de réglementation qui interdit le bivouac, la circulation en véhicule motorisé et le survol de la pointe de Beauduc, protégée par un arrêté de biotope. Quant à la Réserve naturelle nationale de Camargue, gérée par la Société nationale de protection de la nature, elle interdit le camping, le bivouac et les véhicules à moteur, hormis les autorités et les pêcheurs professionnels autorisés sur la digue à la mer.

Concrètement, on prépare son voyage en réservant mentalement ses nuits : une aire en ville le plus souvent, un camping parfois, et une journée de visite à pied ou à vélo. Notre guide où dormir en camping-car : 5 solutions à connaître vous aidera à garder les idées claires sur les alternatives.

Notre itinéraire de 5 jours en camping-car en Camargue

L’itinéraire suit une boucle simple, d’est en ouest puis vers le delta. Il ne donne volontairement aucune distance ni durée de trajet : elles dépendent de votre point de départ et des routes du jour. Gardez l’esprit flexible, l’étape se juge à la lumière.

Jour 1 : Aigues-Mortes et ses remparts

On commence par la cité fortifiée. Les fortifications d’Aigues-Mortes datent du XIIIe siècle, comme le rappelle le ministère de la Culture. On gare le camping-car, puis on va se promener dans le jour finissant, quand la pierre devient dorée.

Remparts d'Aigues-Mortes, étape d'un voyage en camping-car en Camargue
Les remparts d’Aigues-Mortes, premier arrêt de l’itinéraire. Photo : Benjamin Smith, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Pour dormir, la fiche de Tourisme Gard, mise à jour en mars 2025, décrit le parking P4, aire de services et de repos du boulevard Diderot, face au rempart est : ouvert 24 heures sur 24 toute l’année, il propose une borne multi-services gratuite pour la vidange et l’eau, des toilettes publiques et un tarif à partir de 22 € pour 24 heures. Un autre site communautaire, Campercontact, donne pour la même aire des chiffres différents sur les places et la durée : mieux vaut donc consulter la fiche officielle avant de venir et prévoir une alternative si l’aire est complète.

Jour 2 : les marais salants et Le Grau-du-Roi

La matinée appartient au Salin d’Aigues-Mortes. La fiche de Tourisme Gard présente un petit train qui emmène les visiteurs au cœur des marais salants jusqu’au pied des camelles, ces grands tas de sel qui brillent au soleil. Les horaires varient selon la saison et les départs sont conditionnés par le nombre de réservations : réservez, ou vérifiez avant de vous déplacer.

L’après-midi, direction Le Grau-du-Roi, où une aire Camping-Car Park existe. D’après la page officielle, le stationnement est limité à 48 heures sans réservation, une réservation devient obligatoire au-delà, et la zone est soumise à un plan de prévention du risque d’inondation. Autrement dit : surveillez la météo et les consignes en cas d’épisode pluvieux. Le tarif saisonnier évolue : consultez le site de Camping-Car Park le jour de votre réservation.

Jour 3 : Saintes-Maries-de-la-Mer

Saintes-Maries-de-la-Mer est l’étape la plus emblématique : l’église fortifiée, les plages, les arènes, et ces chevaux qui trottent sur le sable. Côté stationnement, plusieurs fiches signalent une aire de camping-cars en bord de mer, ouverte toute l’année, avec vidange des eaux usées et eau potable. Les fiches de Park4night et de MyProvence indiquent 16 € la nuitée. Ces fiches proviennent de communautés d’usagers et de bases de tourisme : confirmez les horaires de service et le tarif sur place, car la fréquentation varie.

Sur la plage, ne vous aventurez pas en camping-car sur les chemins de dunes : la protection de l’environnement ne souffre pas d’exception. Marchez, louez des vélos, ou prenez une excursion encadrée. C’est la meilleure façon de profiter du site sans transgresser les règles.

Jour 4 : le parc ornithologique de Pont-de-Gau

Le parc ornithologique de Pont-de-Gau est le rendez-vous des amateurs d’oiseaux. D’après son site officiel, il est ouvert tous les jours, avec une sortie possible jusqu’au coucher du soleil toute l’année. Les horaires d’ouverture varient selon la saison : consultez le site avant votre venue, et apportez des jumelles, un vêtement discret et de la patience. Les flamants roses se laissent approcher à distance raisonnable, pas davantage.

Réserve naturelle de Camargue et ses flamants roses, étape nature d'un séjour en camping-car en Camargue
La Réserve naturelle de Camargue et ses flamants roses. Photo : Julien Vincent, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

C’est aussi la bonne journée pour une pause tranquille : cuisine à bord, sieste, carnet de notes. La Camargue récompense ceux qui ralentissent.

Jour 5 : Arles et Salin-de-Giraud

On finit par la ville d’Arles. D’après l’office de tourisme, des parkings gratuits sont proposés en périphérie, dont ceux du Cirque Romain, de la gare SNCF et de l’Aqueduc. Le centre historique est réservé aux piétons et l’accès en voiture y est restreint. L’office de tourisme ne précise pas si ces parkings accueillent les camping-cars ni leur gabarit maximal : renseignez-vous avant de vous engager avec un véhicule haut ou long.

La dernière nuit peut se passer à Salin-de-Giraud, au sud d’Arles. Une petite aire pour camping-cars y est référencée sur MyProvence, avec stationnement et vidange gratuits et une eau payante au jeton. La fiche est en attente de validation et n’est pas datée : appelez la mairie annexe pour confirmer avant de vous y rendre.

Préparer son camping-car pour le delta

La Camargue est un pays d’eau, de sel et de vent. Le sel et l’humidité sont durs avec la carrosserie et les ouvrants : un rinçage du châssis au retour n’est jamais du luxe. Prévoyez aussi de gérer vos réservoirs avec méthode, car certaines aires proposent des services limités. Notre dossier vidange camping-car : où et comment vider ses réservoirs détaille la routine.

Protégez-vous des moustiques : des moustiquaires sur les ouvrants, une bonne ventilation et des produits adaptés. Le parc le recommande lui-même. Et si vous voyagez avec un chien, renseignez-vous avant de visiter les sites protégés : les règles varient d’un lieu à l’autre.

Enfin, chargez la batterie et les réserves d’eau avant de quitter une aire disposant de services. La Camargue offre peu de bornes dans ses zones les plus isolées : on s’organise.

Quand partir et quel type d’étape choisir

La région se visite toute l’année, puisque les aires de Saintes-Maries et d’Aigues-Mortes sont signalées ouvertes en continu. Hors saison, vous aurez plus de place, plus de calme et plus de chances de voir les oiseaux sans la foule. En été, il faut réserver, partir tôt et se protéger du soleil et des insectes. Notre article camping-car en fin de saison donne des pistes pour profiter d’une arrière-saison tranquille.

Pour poursuivre votre voyage vers d’autres horizons, vous pouvez enchaîner avec notre itinéraire camping-car en Ardèche ou descendre vers l’ouest avec le Pays basque. Et si vous visez le bord de mer, notre guide des aires de bord de mer vous sera utile.

Se déplacer sans le camping-car

En Camargue, le camping-car sert de maison, pas de moyen de transport pour chaque visite. On y gagne à laisser le véhicule sur son aire et à partir à pied ou à vélo : les sites sont faits pour la marche lente, et les accès motorisés sont parfois limités ou interdits. À Arles, l’office de tourisme signale une navette gratuite au départ des parkings périphériques, ce qui évite de manœuvrer un véhicule volumineux dans des rues étroites.

Prévoyez donc un vélo par personne, ou deux vélos pliants rangés en soute. Vous gagnerez en liberté ce que vous perdez en bagage, et vous profiterez des abords des étangs au rythme des oiseaux. Pensez à de bonnes chaussures, un vêtement coupe-vent et une gourde : le paysage est plat, mais le soleil et le vent se font sentir.

Si le temps tourne

La Camargue est un delta : l’eau y est partout, et parfois elle monte. L’aire du Grau-du-Roi est ainsi classée en zone inondable par son plan de prévention. Avant de vous installer, consultez les prévisions et les vigilances de Météo-France, et gardez un plan B pour dormir plus haut ou plus loin si une alerte est émise.

Par temps gris, la région garde son charme : les remparts d’Aigues-Mortes, l’église de Saintes-Maries et les salles d’exposition des musées d’Arles offrent des alternatives à l’abri. Ne forcez pas les chemins de terre détrempés : un camping-car s’y embourbe vite, et la remorque d’un dépanneur coûte plus cher qu’une journée perdue.

Les règles à respecter, en résumé

  • Dormir sur les aires. Le bivouac sauvage n’est pas autorisé dans le parc ; la Réserve naturelle interdit le camping et le bivouac.
  • Rester sur les routes et chemins ouverts. Les véhicules à moteur sont interdits dans la Réserve naturelle.
  • Ne jamais s’installer sur les dunes. Le parc le rappelle sur sa page d’accueil.
  • Vérifier les fiches des aires. Les tarifs, services et durées de séjour changent : confirmez-les avant de partir ou à l’arrivée.
  • Respecter la faune. Gardez vos distances avec les oiseaux, surtout en période de nidification.

Pour toutes les règles officielles, le meilleur point d’entrée reste le site du Parc naturel régional de Camargue.

FAQ : camping-car en Camargue

Peut-on dormir où l’on veut en Camargue ?

Non. Le parc indique que le camping sauvage n’est pas autorisé, et la Réserve naturelle nationale interdit le camping et le bivouac. Utilisez les aires et les campings.

Quelle est la meilleure saison pour visiter ?

Le parc indique que le territoire est ouvert en toutes saisons. L’été demande plus de précautions (eau, protection solaire, anti-moustiques) et une réservation plus anticipée.

Faut-il réserver les aires ?

Pour l’aire Camping-Car Park du Grau-du-Roi, la réservation est obligatoire au-delà de 48 heures. Pour les autres, mieux vaut vérifier auprès de la commune ou de l’office de tourisme.

Où voir les flamants roses ?

Au parc ornithologique de Pont-de-Gau, ouvert tous les jours d’après son site officiel, et depuis les routes qui longent les étangs, sans quitter le véhicule sur les zones interdites.

La Camargue ne se consomme pas : elle se mérite, et c’est précisément ce qui la rend précieuse. Un voyage en camping-car en Camargue, c’est moins un programme qu’une manière de lire le paysage, lentement.